"Progrès et traditions"

Qui ose, triomphe …

Quelle que soit la nature de nos convictions politiques, il faut au moins reconnaitre à celui qui a franchi ce 14 mai dernier le perron de l’Elysée, l’audace d’avoir osé, à un moment de l’histoire de notre cinquième République où la tentation de renverser la table était forte.

Encore inconnu du grand public voici quelques mois, Emmanuel Macron, jeune prodige de la politique, a tout emporté grâce à son dynamisme et sa volonté de renouveau.

Certes, il a su pleinement profiter des circonstances qui lui étaient offertes pour gagner une élection présidentielle, victoire qui n’a, à ce jour, ni précédent ni équivalent.

Le séisme politique est total. Les partis de gouvernement sont malmenés. Pour eux, l’après 7 mai sera difficile à digérer. Une recomposition de notre paysage politique est inévitable.

A 39 ans, cet énarque, ministre de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique de 2014 à 2016, est devenu le plus jeune président de la République de l’histoire de France. Alors, aujourd’hui, dans cette tribune, je souhaite de façon très républicaine bonne chance et bon courage à celui qui va désormais présider à notre destinée.

Car du courage, il en faudra pour réformer un pays qui a beaucoup de mal à savoir où son coeur penche. La France réclame des réformes mais a toujours rechigné à les accepter. Pour autant, des enjeux capitaux attendent le nouveau chef de l’Etat : chômage de masse, pouvoir d’achat, sécurité, immigration, retraite, refondation de l’Europe, autant de sujets où l’urgence ne laissera guère place à l’attentisme.
Dans la logique de nos institutions, personne ne saurait contester sa victoire du second tour. Mais le véritable vote d’adhésion autour de sa candidature n’a recueilli au soir du 23 avril que 24% des suffrages exprimés.

Dès lors, une question majeure se pose : pour mener à bien son projet, sur quelle majorité à l’Assemblée Nationale le Président de la République va-t-il pouvoir compter au soir du 18 juin ?
Car, le mouvement «En Marche! », fondé par Emmanuel Macron en avril 2016, est récent et très divers. Bon nombre de candidats qui sont investis aux législatives n’ont aucune expérience du terrain et de la politique, contrairement aux autres formations.

Cinq semaines après son élection à l’Elysée, la dynamique présidentielle commanderait qu’il puisse bénéficier d’une confortable majorité parlementaire. Mais la bataille s’annonce serrée. En effet, de très nombreux parlementaires sortants, à droite comme à gauche, défendront un bilan de mandature législative fourni et cohérent.

Quelle sera donc la composition de notre représentation nationale ?

Connaitrons-nous une nouvelle période de cohabitation, alors même que le référendum sur le quinquennat en 2000 était destiné à s’en affranchir définitivement ?

Formons le voeu, quelle que soit cette majorité, que la France reparte de l’avant et parvienne à vaincre ses vieux démons, avec une volonté de réforme décuplée et pleinement assumée, seule capable d’assurer ce redressement national auquel nous aspirons tous.

Car, je le dis ici, le malheur de la France ne serait pas de tomber, mais de ne pas se relever.

Jean-Luc Fabre, Maire de Fayence

Cliquez-ici pour télécharger la suite de pdf LA LETTRE DU MAIRE - JUIN 2017 (268 KB)

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies qui permettent le bon fonctionnement de notre site et de ses services. En savoir plus J'ai bien compris